mardi 2 juin 2009

De petites concessions qui rapportent


Par les temps qui courent, les surplus dans votre budget se font aussi rares que le soleil l’été dernier? Pas de panique! Voici quelques trucs à adopter pour la fashionista version crise économique.


Impossible de commencer votre journée sans votre café matinal, mais votre très grand café pèse lourd dans votre très petit solde en banque? Calculez! Une tasse par jour achetée à trois dollars dépasse les 1000 $ après une année. On peut oublier notre jolie paire d’escarpins! Pourtant, lorsque l’on compare cela au prix d’une cafetière, plusieurs centaines de dollars sont épargnés. Et le prix des grains de café, de filtres et de quelques jolis thermos? Il se trouve très loin derrière ! Profitez de l’occasion pour donner à une bonne cause, comme en vous procurant une des tasses à café roses de Trudeau. Ainsi, votre philtre réveille-matin demeurera chaud tout en étant à la mode. De plus, une partie des fonds sont remis à la fondation contre le cancer du sein. Vos escarpins ne sont plus qu’à un café près! www.coffeecakes.com


Vous dépensez une fortune en repas commandés ou achetés à l’heure du dîner? Apporter son lunch est non seulement un choix santé, mais permet aussi d’économiser. Puisqu’une visite au restaurant ne se fait rarement pas sans une facture de plus d’une dizaine de dollars, après une année de midis au bureau, imaginez combien de petites robes vous vous privez! Pour des idées à moindre prix, cuisinez avec le livre La croûte cassée de Marie-Eve Desjardins et Marie-Michèle Gagnon – paru en début d’année aux éditions Parfum d’Encre -, un livre exprès pour les petits budgets. Allez hop à la librairie ! Pour 24 $, sur le site www.archambault.ca


Il est dit qu’il vaut mieux prévoir que guérir. Cela s’applique à tout domaine, même votre économie. Il vous est par contre impossible de voir clairement dans tous ces chiffres ? Dans une société où tout bouge rapidement, avoir ce que l’on désire au moment voulu est habitude, mais attendez, réfléchissez et…écrivez ! En mettant sur papier vos besoins, lorsque le temps de vous les procurer sera venu, il sera plus facile d’évaluer ledit besoin et de le mesurer. Que ce soit pour l’épicerie ou tout autre achat, sortez votre crayon et faites des listes ! Pour un peu d’aide, référez-vous au guru des la simplicité, Dominique Loreau, une habituée des petites actions qui font toute la différence et à son livre l’Art des listes, publié chez Robert Laffont et disponible en librairies depuis quelques semaines. Seulement 10,95 $ chez www.archambault.ca

mardi 17 mars 2009

Les consommateurs ont plus confiance en l’économie qu’en 2008.

Les citoyens de la région de la Capitale nationale voient l’avenir économique plus positivement qu’en 2008.


Maintenant que la situation financière de la plupart des citoyens de la région de la Capitale nationale n’a pas changé, ce malgré les menaces de crise économique, la confiance des consommateurs dans l’économie remonte la pente. « De décembre à février, l’indice global de confiance des consommateurs dans l’économie s’est redressé pour atteindre son niveau le plus élevé depuis aout 2008 », affirme Jeff Walker, vice-président chez Harris/Décima.


Selon un sondage effectué par la firme Harris/Décima au moyen de téléVox, sur un total de 1000 Canadiens, les gens de la région sont plus enclins à faire de gros achats maintenant qu’il y a deux mois. De plus, presque la moitié des répondants croient qu’il s’agit du bon moment pour investir dans le court et moyen terme.


Ainsi, les gens ont moins tendance à broyer du noir quant aux prévisions économiques pour les prochains mois. Selon le sondage, une personne sur dix ne croirait pas aux menaces de crise économique. En effet, la plupart des consommateurs se disent prêts à changer que lorsqu’ils en verront l’obligation. Marc-Olivier Plouffe, travailleur à la fonction publique, ne s’inquiète pas pour ses dépenses. « Mon style de vie changera seulement lorsque mon salaire diminuera ».


Deux fois plus de personnes qu’au mois de décembre croient que leur situation personnelle sera meilleure dans un an. Il y a quelques mois, les répondants au sondage faisaient preuve de plus d’inquiétudes par rapport à leur futur financier. « Cela ne signifie pas pour autant que la période des montagnes russes soit terminée, mais les données laissent sous-entendre que plusieurs croient que l’économie a touché le fond du baril et que la reprise se fera de façon graduelle », explique M. Walker.


Gilles Grenier, professeur en économie à l’Université d’Ottawa, croit que ceux qui ont bien géré leurs finances devraient s'en tirer ». Pour sa part, l’économiste dit que ses habitudes de consommation n’ont pas changé depuis que la bourse a baissé. À son avis, le chef du département des sciences économique à l’Université d’Ottawa croit que pour le moment, ce n’est que ceux qui travaillent dans le secteur privé qui devraient se sentir visés par cette crise.


Selon le sondage, la confiance des Canadiens en l’économie a augmenté. Cependant, l’indice américain n’a quant à lui pas connu le même sort. Bien qu’il ne connaisse pas de baisse remarquée, l’indice de confiance américaine en son économie ne s’améliore par pour autant, malgré le plan de relance économique proposé par le président Barack Obama.

L’Ontario protège sa culture

Le gouvernement du premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, a annoncé, en février dernier, la possibilité de rendre permanent les crédits d’impôt pour la production cinématographique et télévisuelle.


En Ontario, le taux des crédits d’impôt se situe à 35 % depuis janvier 2008 seulement. Le gouvernement avait en fait accordé une augmentation pour les producteurs cinématographiques et télévisuels et les maisons de production de musique, de produits multimédias, et de télévision ainsi que les maisons d’éditions de livres de 10% l’année dernière. Au total, l’industrie de la culture ontarienne a bénéficié d’une aide fiscale de 165 millions de dollars en 2008.

« L’industrie et télévisuelle forme une composante essentielle de l'économie ontarienne » a indiqué la ministre de la Culture de l’Ontario, Aileen Carroll. En effet, l'industrie ontarienne du divertissement et de la création représente, par le nombre d'emplois, le troisième centre en importance en Amérique du Nord. Effectivement, l’Ontario se situe après la Californie et New York, selon la porte-parole pour le Bureau du ministre McGuinty, Alicia Johnston.

« Les crédits d’impôt, devenant permanent, permettraient de stimuler considérablement la croissance du secteur de la production et créerait davantage d’emplois pour les Ontariens et Ontarienne », a souligné Mme Carroll. Ce serait une bonne nouvelle pour les Ontariens en ces temps de récession. «En cette période particulièrement difficile, le fait de rendre permanents ces crédits d'impôt bonifiés pour la production cinématographique contribuerait à maintenir l'activité créative sur les plateaux de tournage en Ontario et à attirer encore davantage de projets dans la province », affirmait le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan.

Au Québec, l’avis diffère. En 2007, les deux provinces voisines accordaient à la Culture le même pourcentage de crédits d’impôt, soit 25 %. Pourtant, deux années se sont succédées et au Québec, rien n’a bougé en termes d’aide fiscale pour la culture.

Les Québécois en demandent plus


Dans une lettre adressée aux ministres provinciaux des Finances et de la Culture, Monique-Jérome Forget et Christine St-Pierre, le président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, demande au gouvernement de promouvoir davantage l’identité culturelle québécoise. L’homme d’affaires fait remarquer qu’ailleurs au Canada, les entreprises de production cinématographiques et télévisuelles sont financièrement aidées par le gouvernement. Au Québec, il y a plusieurs exceptions…Par exemple, une entreprise privée n’a pas la même aide qu’une publique. Cette réalité désavantage TVA – chaine télévisée propriété de Québécor, donc du domaine privé — par rapport à la Société Radio-Canada – réseau public d’information —, qui est « amplement financée par les contribuables canadiens ».


Selon M. Péladeau, le crédit d’impôt pour la production cinématographique et télévisuelle doit soutenir la production de films et d’émissions par toutes les entreprises québécoises, qu’elles soient affiliées à un télédiffuseur ou pas. Il a demandé au gouvernement de rétablir l’admissibilité des filiales des télédiffuseurs privés au crédit d’impôt.


À son avis, si on ne finance pas les entreprises d’ici, on n’aide pas celles d’ailleurs. « La solution pour TVA [pour bénéficier d’aide fiscale] était de faire produire à l’externe ce qu’elle ne pouvait produire à l’interne. Aujourd’hui, cette solution consiste plutôt à faire l’acquisition de productions étrangères, moins coûteuses et aussi performantes pour ce qui est des revenus ». Il s’agit d’un choix qui n’avantage en rien l’économie locale…


Retour à la réalité

Cependant, de tels crédits d’impôt ne s’adressent pas à tous le monde non plus en Ontario. Selon la Société du développement de l’industrie des médias de l’Ontario(SODIMO), pour être admissible aux crédits d’impôt, si un producteur de série télévisée doit dépenser beaucoup. En effet, le total des coûts de la production doit s’élever à au moins un million de dollars canadiens et le coût de chaque épisode, lui, doit atteindre un minimum de 100 000 $.

Ainsi, le gouvernement n’aide que les grosses productions qui ont déjà un certain budget… Au moment de publier ces lignes, la porte-parole pour le Bureau du ministre de l’Ontario, Alicia Johnston, n’était pas en mesure de confirmer quand les producteurs pourront bénéficier de cette aide fiscale.

lundi 23 février 2009

Canal Rideau

La magie derrière un simple canal

Quelle magie; je ne m’étais pas imaginé à quel point une seule visite pouvait m’ouvrir les yeux sur toute cette beauté.

Ce jour-là, il neigeait. Des flocons descendaient lentement du ciel et venaient se poser sur ma tasse de café qui fumait son délicat parfum corsé. Dehors, il faisait la même température que depuis quelques jours, une température qui justifiait largement les nombreuses couches de vêtements qui habillaient mon corps. En autres mots : je ressemblais à un oignon. Il faisait un temps clair, trop clair. Le ciel était blanc, tout comme le sol était couvert de neige. À croire qu’à un certain temps de l’année, le ciel et le soleil disparaissent. Ils prennent congé comme la verdure dans les arbres; c’est comme si les couleurs faisaient la grève au mois de janvier. Il y avait en cette matinée seulement le blanc, le gris… et le brun dans les rues causé par la saleté de la ville. Rien n’est beau en hiver lorsque l’on habite la ville.

Pourtant, ce matin-là, le temps semblait s’être figé. J’ignorais si c’était le froid, la neige ou la disparition du soleil qui était responsable, mais il n’y avait plus aucun bruit. Tout reposait, comme l’eau sous cette épaisse couche de glace. À force de ne plus rien entendre, notre ouïe s’éclipse et les autres sens s’amplifient. Ma vue se développa soudain de manière exponentielle puisque je remarquai finalement la beauté du lieu où j’étais, la beauté du canal Rideau.

Atour de moi, tout devint si beau, si antique. Chaque chose était à sa place et je me sentais seule au beau milieu de toute cette grande ville. Pourtant, à Ottawa, la Capitale nationale du Canada, le sentiment d’appartenir à un tout ne peut être oublié. La sensation que provoquent tous ces vieux bâtiments est inexprimable. C’est la preuve indéniable qu’il y a eu des gens avant nous, et qu’il y en aura encore après nous. Le mélange de richesse et de beauté architecturale d’Ottawa est l’empreinte que laisse cette ville sur un visiteur, une marque difficile à oublier.

En se promenant sur la rue qui porte le même nom que le canal, on croise le Parlement, qui jonché sur sa colline, fait mesure d’autorité. L’imposante structure du monument a besoin de plus d’un coup d’œil pour être admirée. Puis, il y a le palais de justice avec ses pignons témoignant de l’architecture de l’époque qui retiennent notre attention. Aussi, les nombreuses statues rendent justice à ceux qui ont laissé leur marque dans cette ville presque bicentenaire. Bref, la capitale étonne quiconque la visite.

Une page d’histoire

Avec deux cents ans d’histoire, Ottawa a beaucoup à raconter. L’histoire de sa fondation demeure très peu connue. Plusieurs facteurs expliquent qu’il y a une véritablement raison à notre existence; comme les Anglais le disent : « Everything happens for a reason ». À chaque chose sa raison d’être, à chaque chose son histoire. On oublie très souvent de regarder plus loin que ce que notre œil voit. De cette manière, on oublie certains aspects de notre vie quotidienne qui ont pourtant été témoins de bien des éléments de notre passé; c’est le cas du canal Rideau.
Entremêlé dans la grande ville d’Ottawa, on oublie facilement son existence. Cependant, le Canal Rideau est bien plus qu’un simple courant d’eau. Son existence même repose sur beaucoup d’éléments. En 177 années d’existence, il a assisté à beaucoup de changement. Tant de gens ont participé à sa construction, mais celle-ci ne reposait que sur la décision d’une personne : le colonel John By.

Très peu de gens connaissent la véritable raison pour laquelle la Capitale nationale se situe à Ottawa, cependant beaucoup profitent des avantages de la ville ou s’établit maintenant le gouvernement du Canada. Qu’ils soient commerçants, marchands ou propriétaires de restaurants, ils y trouvent tous leur compte. Économiquement, l’aspect touristique d’Ottawa est très rentable à cause de son grand nombre de touristes. En fait, la ville d’Ottawa regorge de lieux historiques et de musées. Entre autres, on compte le musée Bytown, mémoire à l’époque de la construction du canal ou le Fairmont Château-Laurier, qui s’est construit aux abords de la fin du canal. Tout cela doit son existence à une chose : Le canal rideau. Pourtant, cette chose n’a pas toujours existé…

L’origine

Le nom du canal doit son origine à l’explorateur Samuel de Champlain. Lorsque ce dernier descendit le fleuve St-Laurent en 1613, l’image des deux chutes de l’actuelle rivière Rideau, lorsqu’elle se déverse dans la rivière des Outaouais, lui apparut comme un rideau. En 1694, le nom apparait pour la première fois sur une carte et c’est de cette manière que l’on appelle les chutes, la rivière et maintenant le canal depuis.

Le canal Rideau porte le nom de la rivière puisque c’est à partir de celle-ci que l’on a construit à la main les 19 kilomètres manquants pour relier la ville d’Ottawa à celle de Kingston en Ontario. Au total, 202 kilomètres, naturels ou artificiels, s’entremêlent pour créer le célèbre canal qui est le plus vieux système de canaux toujours en activité en Amérique du Nord. À l’époque, le canal était la seule voie navigable qui pouvait relier en toute sécurité les deux villes. Il a en fait été construit pour protéger le haut et le bas Canada des États-Unis. L’intention derrière son constructeur était de contourner le fleuve St-Laurent qui est trop étroit dans cette région. Cependant, depuis sa construction, aucune attaque de la part des États-Unis n’a été portée au Canada.

Les terres entre la Capitale nationale et Kingston n’étant pas toutes au même niveau, on a dû faire preuve de génie à l’époque pour permettre au bateau de traverser sans peine les 202 kilomètres de voie navigable. Un système d’écluse fut alors pensé. Le canal Rideau compte 47 écluses qui sont encore aujourd’hui entièrement manœuvrées à la main.

Dès son ouverture, le 29 mai 1832, le célèbre cours d’eau fut un élément important pour le Canada. Il représentait à l’époque beaucoup puisque l’on y transportait les matières premières par bateau tel le bois, les minéraux ou le blé. De cette manière, l’économie d’Ottawa a pu réellement commencer à grandir. Le canal s’est en fait découvert très rapidement des fins économiques plutôt que militaires. Anciennement appelé Bytown, en hommage à John By, Ottawa est devenu le centre de l’industrie du bois. Puis, en 1855, Ottawa devint la Capitale nationale du Canada uni. Petit à petit, le Canada tel qu’on le connait s’est formé.

Charles Billington, directeur des communications de l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau, raconte que : « parcourir la voie navigable, c'est comme remonter dans le temps. Presque tout est demeuré intact. Les bâtiments ont été préservés et les écluses sont encore toutes opérées à la main, comme autrefois ».

Du commerce au loisir

Aujourd’hui, le canal Rideau est le plus vieux canal en Amérique toujours en service. Considéré comme une des merveilles du 19e siècle, il peut être utilisé en été comme en hiver. Bien qu’il se trouve dans la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO depuis 2007, le canal est maintenant plus célèbre pour sa patinoire que pour sa voie navigable. Les 7.8 kilomètres du canal traversant la ville d’Ottawa, lorsque gelés, sont transformés en une aire de glace. Cette distance équivaut à 90 patinoires olympiques de hockey. Il s’agit en effet de la plus grande patinoire extérieure au monde. C’est sur le canal Rideau que l’équipe des Ducks d’Anaheim de la Ligue nationale de hockey (LNH) s’est pratiquée lors de la saison 2005-2006 avant un match contre les Sénateurs d’Ottawa. Ce fut peut-être un bon réchauffement pour eux, puisque l’équipe de Los Angeles a remporté la coupe Stanley à la fin de cette saison.

Patiner le long du canal représente pour beaucoup de familles de la Capitale nationale, ou de régions environnantes, une vraie activité à ne pas manquer. Essayer de faire une tour sur la surface du canal un samedi après-midi du mois février relève presque du défi, surtout lors de Bal de neige, le festival d’hiver de la région de la Capitale nationale. En jetant un coup d’œil sur la patinoire, un véritable lit de verre, il est impératif de remarquer les marques laissées par les centaines de visiteurs », il s’agit de minces lignées faites par des centaines de lames de patin sur la surface glacée du canal.

Demandez-le à n’importe que boutiques présentes non autour du canal, mais bien sûr celui-ci, le nombre de visiteurs est énorme. Les cabanes où l’on vend frites maisons, chocolats chauds ou cidres de pomme et « queues de castors » sont méticuleusement déposées en rang à chaque quelques centaines de mètres des 7.2 kilomètres. Maintenant un vrai phénomène, les « queues de castors » — pâtisserie populaire en forme de l’organe postérieur de l’emblème du Canada — sont un incontournable souvenir de notre présence sur les lieux.

Le colonel John By serait probablement fier de ce qu’est aujourd’hui devenue son invention. Même si cette dernière n’a jamais été utilisée à ses fins, il s’agit réellement d’une merveille datant des siècles passés. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point tout cela passait devant mes yeux sans que je ne m’en rendre compte; quelle magie! Je regardais le canal Rideau en tenant d’une main, ma tasse de café devenue froide et de l’autre, ma « queue de castor » et me souvint enfin de la raison de toute cette beauté.

Polytechnique

Polytechnique : la tragédie en perspective


Polytechnique, le film du réalisateur Denis Villeneuve, est finalement en salle. Tant attendu, c’est pourtant avec résistance qu’on le regarde.


Première représentation de la journée, la salle est silencieuse. Les personnes assises n’ont absolument rien en commun et certains même n’étaient pas nés en 1989. Cela représente bien l’impact de la tragédie : elle fait parti de l’imaginaire de tous les Québécois.
Le scénario est court, seulement 77 minutes. C’est simplement parce que la fin, on la connait déjà et une seconde de plus aurait été de trop.


L’histoire est la même, un jeune homme entre dans l’École polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989 une arme à la main. Les filles, séparées des garçons, sont massacrées à tour de rôle. Au total, 14 d’entre elles meurent et 14 sont blessées. Puis, le tueur poursuit son chemin, une trajectoire choisie à l’avance, et termine son parcours en se suicidant.


Entre temps, un autre jeune homme est bouleversé, rongé par la culpabilité de son impuissance. Il tente en vain de sauver les malheureuses, mais n’aboutit qu’à se condamner lui-même. Son personnage incarne tout les hommes qui à l’époque, faute de savoir qu’ils n’étaient pas visés, n’ont fait que se sauver.


L’adaptation est fidèle aux faits et le jeu des acteurs est impeccable. Le retour en arrière est choquant. Tout y est, même le malaise. Le sentiment désagréable est dans chaque scène, dans le générique et même dans la musique. En fait, il nous suit jusqu’à la sortie, et même après. Polytechnique est un film qui marque.


Cependant, l’habileté du réalisateur est à souligner. Son respect transparait dans les angles de caméras choisies, dans les images brouillées par moment, dans les bruits que l’on entend sans voir ce qui se passe, toute l’horreur est retenue, contrôlée. En vérité, tout a été minutieusement pensé, étudié, on a même tourné en noir et blanc, question de ne pas choquer. Cela donne un effet dramatique, mais sans exagération.


Le film ne fait pas que tremper dans le drame, il s’y baigne. Puisque l’histoire était déjà connue, M. Villeneuve a plutôt travaillé sur l’impact. En tant que spectateur, on se sent mal à l'aise, impuissant, voire inhumain d’assister à une telle tragédie.


Le jeu des acteurs, principaux et secondaires, est réglé au quart de tour. Maxim Gaudette, déguisé en Marc Lépine, est à couper le souffle. Il donne au tueur un côté plus humain, moins monstrueux. Karine Vanasse et Sébastien Huberleau, quant à eux, sont remarquables.
Le respect des victimes a été largement honoré. On reconnait ce qui s’est passé il y a vingt ans, mais sans plus. Le réalisateur permet un regard en perspective sur le drame.
Polytechnique, un film douloureux qui laisse un goût amer, est pourtant très bien fait.

Shopaholic

L’accro du shopping tome V
Un amuse-gueule pour les accros


L’auteure Sophie Kinsella ajoute à sa série L’accro du shopping (Confessions of a Shopaholic) un nouveau roman. Le cinquième livre de la saga est sorti en 2007, mais n’a seulement été traduit en français qu’en mai dernier, quelques mois à peine avant l’adaptation au cinéma du premier roman.


Madeleine Wickham, sous le nom de plume Sophie Kinsella, signe son treizième roman chez Belfond avec cette nouveauté. Ancienne journaliste financière et mère de trois enfants, ses antécédents professionnels et familiaux l’ont conduite tout droit vers son dernier roman, son nouveau-né, L’accro du shopping attend un bébé (Shopaholic & Baby).


Rebecca Brandon, née Bloomwood, et ses cartes de crédit sont de retour. Après quelques années de répits pour les lectrices, Becky revient et seulement quelques semaines se sont écoulées depuis le dernier roman. Cette fois, l’héroïne a un nouveau but : se préparer pour la naissance de son enfant. Malheureusement pour elle, ses ardeurs de consommatrice ne se sont pas calmées. En fait, ses hormones maternelles lui font presque perde la raison… et empirer sont gout pour tout ce qui est neuf.


Avec l’aide de sa meilleure amie, sa sœur et sa mère, la future maman est fin prête pour l’heureux événement. Cependant, outre la difficulté à accepter que son corps change, une autre menace plane sur la tête de l’ancienne journaliste financière devenue conseillère de mode.
Heureuse d’enfin avoir eu sa belle « gynécologue de vedettes », Venetia Carter, Becky est aux anges. Du moins, jusqu’à ce qu’elle réalise que sa belle docteure est en fait l’ex-petite-amie de Luke, son époux, et celle-ci est déterminée à le ravoir dans sa vie. Entre les découverts de ses comptes bancaires, causés par ses achats impulsifs, et la menace d’une autre femme dans la vie de son mari, Rebecca suera sang et eau pour sauver son mariage et l’avenir de son enfant. Avec toute son attention vouée vers son plan de sauvetage, Rebecca oubliera même sa plus grosse crainte : donner naissance.


Empreint d’humour comme à l’habitude de l’auteure et toujours aussi rebondissant de surprises, le roman multiplie malentendus et mensonges en créant une de ses célèbres histoires entrainantes. Attention, quelques larmes seront pourtant à prévoir en accompagnant Becky dans son aventure.


Déjà accros à l’accro du shopping, les lecteurs – plus souvent des lectrices – se réjouiront avec ce nouveau roman. Un vrai amuse-gueule avant la sortie au cinéma de l’adaptation. Malgré les controverses reliant l’exactitude des faits de cette adaptation, l’excitation devant l’attente avant la sortie prévue pour le mois de février se fait palpable.

Twilight

Une histoire plus grande que nature

Twilight était déjà un phénomène littéraire avant son adaptation au cinéma. Sa popularité au grand écran était donc attendue. Pourtant, l’histoire d’amour entre un bon vampire et une adolescente insoucieuse ne cesse de surprendre.

La série de quatre livres écrits par l’auteur à succès américaine, Stephenie Meyer, s’est vendue à plus de 18 millions d’exemplaires. En seulement trois ans, l’auteur a écrit et publié les quatre romans qui ont été traduits en 37 langues. C’est une des rares séries à avoir été adaptée au cinéma aussi rapidement.

Le premier tome de la saga, Fascination, est sorti au cinéma en novembre dernier. On y raconte l’histoire d’un amour impossible et hors du commun entre deux adolescents. Le film a coûté 37 millions à produire et depuis sa sortie – puisqu’il demeure disponible encore dans certains cinémas – il a généré des recettes de près de 350 millions. En moins de douze semaines seulement après la grande première, les profits sont d’un peu plus de neuf fois le budget dépensé.

Une fois la poussière de l’ouragan Twilight retombée, on réalise l’ampleur des dégâts que celui-ci a causés. Dès sa première semaine en salle, Fascination a récolté près de 94 millions, selon le site boxofficemojo.com. C’est un montant qui le fait passer à l’histoire. En effet, en comparaison avec Titanic — détenant le record du film le plus rentable de tous les temps — qui en 1997, après une semaine en salles, avait généré un peu plus de 28 millions, on constate l’ampleur de la folie Twilight. La première semaine, le film de vampire a en fait attiré en salle trois fois plus de personnes que Titanic. Se comparer au géant Titanic est un exploit en soi, le surpasser est phénoménal.

Twilight est sans contredit un des films les plus populaires de 2008. Selon le même site de rentes au box-office, il se classe septième dans la liste des films les plus rentables de l’année.

De l’ombre à la lumière

Outre l’auteur des romans, les acteurs choisis pour incarner les personnages de l’univers fantastique de Stephenie Meyer sont maintenant célèbres. Peu connus du public avant, Kristen Stewart et Robert Pattinson, Bella et Edward, sont devenus de vraies idoles. De plus, c’est sans parler du petit village de Forks qui dans les livres est l’endroit où l’histoire se situe. C’est grâce à Stephanie Meyer que le village est sorti de l’ombre. Forks offre même des visites guidées des lieux mentionnés dans les livres et ses chiffres d’affaires ont augmenté depuis que le village est désormais une destination vacances pour les Twilighters.

Si Twilight n’a pas battu la série des Harry Potter au box-office, ce n’est que partie remise puisque sa suite, le deuxième tome, est prévue pour novembre 2009. De plus, la sortie en DVD de Fascination sera le 21 mars prochain.